TEXTES sur L'AMOUR


Manifeste lyrique de Phytandros

Il y a sur la terre au bord des grands chemins
Au creux de chaque vague, au creux de chaque main,
Il y a sur la terre, au sommet des collines,
Au bord des horizons, des fleuves et des villes
il y a sur la terre, à la source du pain,
De la sève et du sang, au fond des yeux humains,
Des gestes qui supplient, des plaintes qui s'exhalent,
Au creux des souvenirs, des perles et des larmes,
Il y a sur la terre, ce feu, cet or brûlant,
Ce brasier lumineux, ce torrent déferlant:
L'amour.
Souverain germe et unique substance
Irradiant de ses feux nos heures d'espérance,
Hommes nuages pierres plantes et océans
nés d'un même berceau, ou d'un même néant,
la disgrâce n'est pas d'être ou non animés,
mais d'être nés, de vivre, et n'avoir pas aimé.

Etienne Rebaudengo

Phytandros

 

Extraits de "La conversation amoureuse"

Alors les maris sont dans l'attente, c'est à cela qu'on reconnaît qu'ils aiment. Lorsqu'ils cessent d'attendre et de guetter, ils ont fini d'aimer. Les maris, avec appréhension, guettent les sourires sur les visages des épouses : ceux qui sont là et ceux qui manquent. Et quand il n'y a pas de sourire, quand le visage est fermé, ils ne disent rien, ils s'installent dans leur patience, parfois se détournent en secret vers un autre visage. Pour la plupart, ils veulent alors croire que les choses tues n'existent pas. Jusqu'au retour du sourire, ils ne laissent rien paraître de leur inquiétude…… Mais les épouses veulent que les choses soient dites, elles espèrent toujours être comprises, elles rouspètent, elles font du bruit. C'est ainsi que les rôles naissent....

L'horloge des femmes et celle des hommes dans l'amour n'ont pas les mêmes aiguilles.

L'âge ne sépare pas les êtres qui se ressemblent.

Un sentiment vif ne finit pas, pensa-t-il, il se transforme mais il ne finit pas.

Qu'est ce que c'est aimer ? …. Un vrai amour devrait être gratuit, il devrait être tout entier pour l'autre, pour sa liberté, pour sa vie.

Une voix peut vous habiter, se loger au creux du ventre, en plein dans la poitrine, au bord de l'oreille, et harceler ce qui en vous est le besoin d'amour, l'attiser, le soulever comme le vent, la mer.

Les gens qu'on aime sont aussi ceux qui nous torturent.

Alice Ferney

 

Extraits de "Attends-moi"

Lui, absent, elle mourait d'amour, se promettait d'avoir toutes les compréhensions, lui revenu, il la gênait et pourtant elle l'aimait et ne savait plus ni vivre avec lui, ni sans lui…

Tu t’agaçais de mes journées que j’usais, disais-tu, à rien. Je t’aimais et ça me mangeait tout mon temps. Je t’aimais et ça mobilisait tout en moi, même si tu ne le savais pas, même si ça ne te donnait rien dans l’immédiat, même si j’avais l’air absente, je t’aimais durant tous ces jours que je je tais, je t’aimais pour moi, en femme, tandis que toi tu m’aimais pour moi…”

Je veux que tu ne parles à personne, que tes yeux ne regardent personne, jusqu'à ce que je revienne, c'est moi ta vie.

Au bord en dehors de tout. Au bord en dehors des mots. En dehors de mon corps.

Françoise Xenakis

 

Ferney

Xenakis Salomé

 

Extraits de "Apprivoiser la tendresse"

Quand je veux faire entrer l'autre dans mes peurs ou dans mes angoisses, quand je considère comme une preuve d'amour, qu'il soit en souci quand je le suis, qu'il soit malheureux quand je me sens malheureux, qu'il ait peur quand je tremble...

Si je me méprise, si je me déteste, si je me dévalorise, c'est bien tout cela que j'offre à l'autre dans la relation.

T'aimer sans t'envahir
Te multiplier sans te perdre
Te dire sans me trahir
Te garder sans me posséder
Et être ainsi moi-même
Au plus secret de toi.

Jacques Salomé

 

 

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